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Après Lejaby, Nicolas Sarkozy s'en va sauver Photowatt

Après Lejaby, Nicolas Sarkozy s'en va sauver Photowatt

Le président était attendu mardi à Bourgoin-Jallieu, dans l'Isère, où il devait présenter "une formule" de reprise industrielle "grâce à EDF" aux salariés. Photowatt, fleuron français du photovoltaïque, est en redressement judiciaire depuis le 8 novembre 2011.



Le sauveur s'appelle EDF, mais l'annonce était signée Nicolas Sarkozy. Photowatt, pionner français des panneaux solaires en redressement judiciaire depuis novembre, doit être repris par une filiale du groupe public d'électricité, EDF Energies Nouvelles Réparties (EDF ENR). L'inquiétude des 430 salariés avait été levée jeudi par le président de la République, qui doit détailler ce sauvetage mardi, à Bourgoin-Jallieu. L'offre proposée par EDF prévoit de reprendre 345 salariés et en reclasser 85 en interne, selon une source proche de l'administrateur judiciaire.

Un président "pompier-pyromane"

A Bourgoin-Jallieu, certains y voient un coup électoraliste, notamment du côté socialiste. "On ne peut que se féliciter pour la filière photovoltaïque et ses salariés", notait François Brottes, député PS de l'Isère et spécialiste des questions énergétiques. "Mais ce qui est quand même extravaguant, c'est le rôle de pompier-pyromane du président dans cette affaire", ajoutait-il, en estimant que Photowatt avait jusqu'à présent souffert de la politique "inconséquente" du gouvernement en matière d'énergie solaire. "Tant mieux pour les salariés, mais on a perdu trois ans!" s'est exclamée la députée PS Geneviève Fioraso, indiquant qu'elle avait depuis longtemps interpellé le gouvernement sur la question. Le patron d'EDF, Henri Proglio, "m'avait dit qu'il n'était pas là pour racheter les canards boiteux. Et maintenant, à deux mois des élections, on impose à EDF de reprendre Photowatt", a-t-elle relevé. "Je refuse de couvrir cette mascarade. La politique industrielle, ça n'est pas une série de coups", a-t-elle dénoncé.

"Je me réjouis que le gouvernement ait pris conscience des enjeux, un peu tard quand même, et ait fait ce qu'il fallait pour éviter l'irrémédiable", réagissait aussi, vendredi Alain Cottalorda, maire socialiste de Bourgoin-Jallieu. Député UMP du Nord-Isère, Georges Colombier, a, quant à lui, salué en EDF "un des meilleurs repreneurs possibles" car il "a les reins solides" et est un "acheteur de panneaux solaires".  "Le problème, c'est qu'il fallait mettre 50 millions d'euros sur la table pour assurer les six mois qui viennent", a souligné pour sa part Alain Moyne-Bressand, député UMP de Bourgoin-Jallieu.

L'équipe de Hollande dénonce "un coup médiatique"

L'entreprise a cependant d'autres repreneurs potentiels. Deux autres offres "sérieuses" de reprise ont été déposées. L'une émane du fabricant grenoblois de fours industriels ECM, qui s'est engagé à reprendre 379 salariés. La dernière a été présentée par un consortium composé de la société MPO International et de l'assembleur lyonnais de modules photovoltaïques Solarezo. Cette offre prévoit la reprise de 222 salariés. Le tribunal de commerce de Vienne (Isère) doit trancher le 21 février entre les différentes offres de reprise.

Du côté de l'équipe de François Hollande, si on reconnaît qu'il s'agit d'une "bonne nouvelle" pour les salariés, cette nouvelle intervention de Nicolas Sarkozy n'est ni plus ni moins qu'un "coup médiatique en période électorale". Geneviève Fioraso, chargée de l'innovation et François Brottes, chargés de l'énergie pour la campagne du candidat socialiste trouvent "la ficelle un peu grosse" à deux mois de la présidentielle, en rappelant que depuis trois ans, les élus du PS "interviennent sans relâche au Parlement, auprès des ministres et des opérateurs du secteur de l'énergie dont EDF pour que l'expertise de Photowatt, comme celle des entreprises de la filière, ne soit pas perdue".

Source : http://lci.tf1.fr



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